UN AUTRE SHOW DE BOUCANE DONT L’ADMINISTRATION PLANTE A LE SECRET


Analyse de Jean Hudon – co-fondateur de la campagne québécoise

Stoppons la 5G – Vivons sans danG.

Le 16 novembre fut un bien triste jour pour la démocratie municipale et pour le respect du droit fondamental des Montréalais à vivre dans un environnement sain, à l’abri dans leur foyer de toute forme de polluant industriel.

Donnez-vous la peine d’écouter à https://youtu.be/XGL2udKVhho?t=9080 le segment d’une vingtaine de minutes de la séance du conseil municipal de Montréal où s’est décidé, sans le moindre débat digne de ce nom, l’avenir de la santé et de la sécurité de tous les Montréalais — une décision qui, par l’exemple qu’elle donne, cautionne et favorise la poursuite du déploiement incontrôlé de la 5G dans l’ensemble du Québec et du Canada.


Je vous avoue d’entrée de jeu que je n’avais aucun espoir que l’on assiste à autre chose qu’à un simulacre d’examen d’une décision qui engage fermement la Ville de Montréal dans une participation directe au massacre à la tronçonneuse électromagnétique – pour faire une image forte – de la santé de toute la population auquel se livrent les entreprises de télécommunications, avec la bénédiction des «saintes autorités»* fédérales de Santé Canada.


* Une référence à la conviction des fonctionnaires de cette agence que leurs décisions sont au-dessus de toute forme de conflits d’intérêts et à l’abri de toute influence de l’industrie qu’ils sont censés réglementer. Tel des papes, ces gens se croient infaillibles.


Je m’attendais tout de même à ce que M. Abdelhaq Sari, parlant au nom du parti d’opposition, Ensemble Montréal, exprime certaines divergences à l’égard de ce règlement sur l’autorisation d'installation d'antennes 5G sur le mobilier urbain, et que son parti demande que sa dissidence à cet égard soit inscrite au procès-verbal de cette séance, seul geste d’opposition symbolique possible, puisque la majorité au conseil dont jouit le parti de Valérie Plante, Projet Montréal, assurait l’adoption de ce règlement. Bien grande fut ma déception.

Bien sûr, M. Sari a déploré avec raison le manque de transparence de l’administration Plante dans la manière dont elle a piloté ce projet et l’absence de toute consultation de la population. Il a également signalé le fait que de nombreux Montréalais avaient manifesté leurs inquiétudes sur l’arrivée de la 5G. Mais il n’a soulevé aucune objection quant à l’adoption de ce règlement, ni exprimé la moindre dissidence. Tout au plus a-t-il dit que son parti avait des inquiétudes sur la gestion de ce dossier par la ville. Sa principale préoccupation, qu’il a maintes fois répété (11 fois en tout!!!), était de rassurer la population quant aux effets sur la santé de la 5G. Il a recommandé que la ville « mandate le Département de santé publique (DSP) pour procéder à une étude d’impacts sur la santé des citoyens-ne-s de Montréal surtout dans un objectif de rassurer la population. »


LOUD BUZZER ! Grosse fausse note. Le but premier de toute étude d’impacts authentique n’est PAS de rassurer les personnes devant subir ces impacts, mais de s’assurer qu’ils ne seront pas si élevés qu’ils poseraient un risque inacceptable à leur santé et à leur sécurité. Quiconque s’exprime ainsi révèle noir sur blanc ses véritables allégeances.


Il faut savoir que l’ancien chef de son parti, M. Denis Coderre, élu en 2013 avec 32.15% des voix exprimées [source], est celui qui avait doté Montréal en 2014 d'un Bureau de la ville intelligente et numérique. Il existe toujours, mais n’a apparemment rien produit de nouveau depuis 2017. Résultat d’un manque de transparence… ou bien ont-ils été mis sur la touche ?!


La création de ce bureau fut le point de départ de ce qui a mené au projet du Laboratoire urbain 5G. Comme Denis Coderre réfléchit à la possibilité de reconquérir la mairie de Montréal en novembre 2021 [« un récent sondage de la firme Léger a crédité Denis Coderre de 32% des intentions de vote, contre 20% pour Valérie Plante » selon le Journal de Montréal], on peut comprendre que M. Sari n’avait aucune intention ce lundi soir de s’opposer au règlement dont il est question ici.


Il a également parlé de la protection des données personnelles, mais n’avait rien de pertinent à recommander à ce sujet dans le texte qu’il lisait — si ce n’est qu’il faut tellement rassurer la population. Il explique qu’il aurait aimé que la ville organise une présentation publique de son projet afin de vulgariser de quoi il s’agit. Bien sûr, pour avoir bonne image, il a mentionné du bout des lèvres l’enjeu de la protection de l’environnement.

Il a déploré qu’il n’y ait pas eu de consultation AVANT d’adopter ce règlement sur ce projet pilote avec la 5G. Une vérité évidente qui n’a pas été suivie de la moindre condamnation des façons de faire de la ville, bien qu’il ait signalé que les citoyens ont été « écartés » et qu’il faut les inclure dans ce processus «afin surtout de les rassurer» !! En d’autres circonstances, M. Sari a démontré l’an dernier son aptitude à réagir avec plus de fermeté et moins de complaisance quand il a été lui-même victime de profilage racial par la police de Montréal [voir la vidéo dans Rapport accablant: le SPVM s’excuse d’avoir expulsé un élu]. Notez bien que M. Sari est une personne très sympathique qui a œuvré dans l’humanitaire auprès d’orphelins, comme il l’expliquait lorsqu’il s’est présenté comme candidat aux élections municipales. Mais en ce qui concerne le dossier de la 5G et ses impacts, il n’y est pas du tout. On ne peut qu’espérer qu’il développera une meilleure compréhension des enjeux entourant la 5G et de la responsabilité des élus de tenir tête aux dictats du fédéral et de ne pas jouer aux victimes impuissantes comme l’ont fait la plupart des politiciens municipaux jusqu’ici.


Conclusion en ce qui concerne M. Sari : Je vous laisse y mettre les mots qui vous conviennent.


Puis, nous avons eu droit à l’intervention du conseiller Alan DeSousa, maire de St-Laurent et également membre d'Ensemble Montréal. C’était grâce à une perche tendue par le porte-parole de la ville dans ce dossier, M. François Croteau, qui a offert la parole au chef d'Ensemble Montréal, M. Perez, qui s’est abstenu, et la présidente a ensuite offert la même perche à M. DeSousa qui lui avait sans doute signalé son désir de parler et qui l’a donc acceptée. Cette main tendue à l’opposition était un geste intrigant. On peut se demander si leurs interventions avait été convenues à l’avance, peut-être parce que la ville désirait recevoir l’aval de l’opposition envers son règlement et/ou donner l'impression qu'une quelconque débat avait eu lieu… M. Croteau n’a d’ailleurs pas hésité à dire à deux reprises quand il a parlé ensuite qu’il était entièrement d’accord avec eux.


Néanmoins, le fait que deux membres de ce parti d’opposition aient senti le besoin de prendre la parole sur ce dossier (avec ou sans l’encouragement préalable de M. Croteau, on ne le saura jamais) dénote le fait que les efforts du groupe Stop 5G Montréal pour alerter les 64 conseillers à ce sujet [voir ma publication du 2 novembre LE GROUPE STOP 5G MONTRÉAL MÈNE UNE ACTION IMPORTANTE AUJOURD’HUI] ont porté fruit. Quand on regarde le reste de la séance de ce lundi, on constate que la très vaste majorité des nombreux autres dossiers à l’ordre du jour, portant sur des dépenses totalisant des centaines de millions de dollars, ont été adoptés à toute vapeur, sans la moindre intervention de l'opposition.


M. DeSousa a signalé dans son intervention l’existence de la pétition signée par plus de 25 500 personnes [LA 5G À MONTRÉAL : UN G DE TROP!] et rappelé que lors de précédentes séances du conseil [voir https://youtu.be/2ASmUtG008U], des citoyens (8 en tout) avaient exprimé leurs inquiétudes sur la 5G. Il a rappelé, ce qui était fort opportun, que la ville avait été accompagnée dans le passé par le Département de la santé publique dans les dossiers de l’utilisation des pesticides, des poêles à bois et du climat sonore, affectant la santé des citoyens, afin que comme examinateurs indépendants des risques, l’heure juste puisse être donnée aux citoyens.

Il a aussi souligné que lorsque la ville a décidé de remplacer les 132 000 luminaires de ses lampadaires sodium haute pression désuets par des lampes au DEL, la ville avait accepté de reporter sa décision afin d’attendre l’avis de la DSP. C’était un bon exemple à citer, même si au final l’avis de la DSP, hélas dans le déni face aux impacts sanitaires des DEL tout comme des rayonnements micro-ondes des réseaux cellulaires, n’avait pas été de s’opposer à ce type d’éclairage, dont la lumière bleu entraîne notamment un vieillissement rapide de la rétine et la dégénérescence maculaire [voir Les ampoules DEL dangereuses pour les yeux?].


M. DeSousa a recommandé, comme son confrère, de consulter les citoyens, et de permettre à la DSP, qui selon lui a la confiance des citoyens, de leur donner des assurances (encore ce leitmotiv!) et de faire en sorte qu’ils aient le sentiment (bien illusoire) d’être écoutés.


Permettez-moi ici un aparté nécessaire ici pour illustrer le peu de confiance que devrait nous inspirer la Direction régionale de santé publique de Montréal.


Au final, sous Denis Coderre, la ville avait opté pour des lampes DEL aussi nocives, mais légèrement moins fortes [voir Montréal garde ses DEL, mais opte pour un éclairage moins éblouissant] et, malheureusement, le fait que chacun de ces 132 000 nouveaux lampadaires est doté d’un puissant émetteur à deux options — WiFi à 2,4 GHz et G3 à 900 MHz — pour le contrôle à distance avait été passé sous silence. J’ai publié le 7 mars dernier des explications détaillées sur l’erreur fatidique alors commise par la Ville de Montréal – voir LES LAMPADAIRES AU DEL PEUVENT VOUS RENDRE INSOMNIAQUE où il y a notamment un lien vers un excellent dossier que le groupe Montréal pour tous avait soumis à la ville.

C’est la firme Dimonoff qui fournit 20 % des nœuds et passerelles de communication sans fil [source] dont le reste doit forcément être du même acabit, peu importe le fournisseur. Selon la fiche technique de ces équipements « Le réseau maillé RF longue portée entièrement bidirectionnel, adapté aux zones rurales et urbaines, fonctionne sans-fil sur un ISM (industriel, scientifique et médical) de 2.4 GHz (900 MHz en option). » Les compteurs intelligents fonctionnent aussi en réseau maillé. Aucun groupe de citoyens n’avait été informé à l’époque de ce choix d’équipements - l’éternel manque de transparence de la ville!! - et la DSP n’avait évidemment rien eu à redire sur ces 132 000 puissantes sources de rayonnements cancérogènes de «longue portée» que la ville voulait installer.


Beaucoup de Montréalais souffrent aujourd’hui des conséquences cancérogènes, génotoxiques et neurotoxiques de cette électropollution de proximité, quand ils ont le malheur d’habiter à proximité de l’un de ces lampadaires aveuglants et mortels. Johanne Dion, de Montréal pour tous, continuait encore le combat contre ces lampadaires DEL en janvier dernier comme on peut le lire dans Des lampadaires à DEL contestés où il est écrit:


« Les effets de la lumière bleue sur la santé ne sont pas anodins, selon lui. Outre les enjeux liés aux cycles du sommeil, une étude publiée en 2018 et à laquelle il a participé à Madrid et à Barcelone a établi un lien entre l’éclairage artificiel extérieur et les cancers du sein et de la prostate. Les personnes exposées à la lumière bleue des lampadaires devant leur demeure avaient 1,5 fois plus de risques de souffrir d’un cancer du sein et 2 fois plus de risques d’être atteint d’un cancer de la prostate, ont constaté les chercheurs. »


L’article précise : « Jusqu’à maintenant [janvier 2020], environ 78 000 luminaires à DEL ont été installés à travers la ville, sur un total de 132 000. Le projet de conversion devrait être terminé en 2022, tel que prévu. Malgré les préoccupations soulevées par le groupe citoyen et par (le scientifique) Martin Aubé, l’administration Plante n’entend pas déroger du plan initial ». L’attitude de l’administration Plante dans le dossier de la 5G est identique. Ils n’en font qu’à leur tête et surtout ne font rien pour protéger la santé des Montréalais. Sous leur administration arrogante, LA 5G SE RÉPAND COMME LES MÉTASTASES D'UN CANCER et LA VILLE DE MONTRÉAL SE FOUT DES OPPOSANTS À LA 5G.


Si vous voulez savoir quelles conclusions résulteront de l’hypothétique étude d’impacts sur la santé des antennes 5G que la ville autorise les télécoms à installer au centre-ville, il suffit de lire le document de désinformation suivant du gouvernement du Québec dont la dernière mise à jour remonte au 29 juin 2017… Dans Démystifier les radiofréquences, on peut lire…


« La Direction de santé publique de Montréal s’est penchée plus particulièrement sur la sécurité de l’utilisation de la technologie Wi-Fi dans les écoles primaires. Les résultats de cette analyse ont été publiés en 2014 dans un rapport intitulé Utilisation du Wi-Fi dans les écoles – Évaluation des risques à la santé. L’avis sur la sécurité de la technologie Wi-Fi de Santé Canada va dans le même sens que ce rapport, qui conclut que les niveaux d’exposition aux radiofréquences émises par la technologie Wi-Fi sont très faibles. Le rapport mentionne aussi que les résultats d’études scientifiques rigoureuses sur les effets des radiofréquences sur la santé ne montrent pas de conséquences associées à la technologie sans fil. La Direction de santé publique a donc conclu que l’utilisation des réseaux Internet sans fil dans les écoles primaires est sans danger pour la santé des enseignants et des élèves. »


La DSP se colle étroitement sur les balivernes pseudo-scientifiques de Santé Canada. Leur demander de vérifier si la santé des Montréalais souffre des impacts des antennes actuelles et à venir, c’est comme demander à Monsanto si leurs produits peuvent affecter notre santé et celle de la nature. Pas difficile d’imaginer leur réponse…

Retour au show de boucane


Pour en revenir à la séance du conseil, M. François Croteau, dont la verve spectaculaire n’a d’égale que ses talents d’enjoleur né — il est tellement charmant! — est ensuite entré en scène pour nous faire son show de boucane habituel — pour faire à nouveau une image parlante. Il est très doué et parfait dans son rôle! Mais hélas , malgré les fleurs qu’il se lance (en lisant son texte préparé à l’avance) pour avoir fait «un bon travail comme acteur municipal» et avoir été responsable «pour prendre les bonnes décisions», ainsi que les éloges qu’il fait des services de la ville de Montréal qui ont, selon lui, formulé «une entente exemplaire» sa performance ne m'a pas convaincu.


Il a rappelé que des antennes 5G sont déjà déployées sur des batiments privés et des poteaux d’Hydro-Québec et que les entreprises (de télécommunication) peuvent faire comme elles veulent en raison des prérogatives que le fédéral leur a accordées, et que les municipalités ont donc les mains liées face à ces pollueurs autorisés — ce qui est bien sûr totalement faux car la ville pourrait, comme Toronto l’a fait en 1999, adopter ses propres lignes directrices, plus contraignantes et protectrices que celles du Code de sécurité du fédéral (qui n’est qu’une simple recommandation sans griffes légales en dehors des édifices fédéraux) et ainsi protéger les Montréalais contre des niveaux d’exposition trop élevés aux radiofréquences, ce que ne garantit aucunement les seuils stratosphériques du Code 6 conçu pour protéger l’industrie et non les humains.


Il se vante à fond en clamant : « nous avons donc été très sensibles et nous avons pris les devants » … pour « conclure une entente avec l’ensemble des entreprises de télécommunication pour convenir de la manière dont ces antennes allaient être déployées au centre-ville de Montréal. » Comprenons bien : tout a été négocié à l’avance avec les télécoms, trop heureuses d’avoir trouvé un partenaire aussi désireux de collaborer avec elles. Rien ne les oblige, explique-t-il, à signer ces contrats avec la ville. Les télécoms y trouvent manifestement leur compte. Il est fier de dire que l’installation de ces antennes sera «encadrée» sans donner le moindre détail à ce sujet, ni préciser quelles bandes de fréquences seront utilisées dans le cadre du projet pilote permettant, en mode pré-commercial, à des entreprises (start-up) d’«expérimenter des applications utiles pour la ville de Montréal et les entreprises». On nage en plein mystère quant à ce que subiront les citoyens du secteur, victimes de ces expérimentations sans leur consentement éclaire. Difficile d’être plus opaque que cela.

Un « groupe de travail » — dont aucun citoyen ni observateur indépendant ne fera évidemment parti – “évaluera” tout cela pour voir si ce sera idéal pour étendre ce bain d’électrosmog toxique à l’ensemble de la ville, en accord avec les télécoms. Il prétend que grâce à cette entente «de bonne foi» avec les télécoms, une première au Canada – (les autres villes se gardent peut-être une petite gêne avant de frayer avec ce type d’entreprise), la ville peut intervenir alors que les télécoms auraient pu quand même faire ce qu’elles veulent, ce qui encore une fois est archi-faux car elles n’auraient pu installer leurs antennes sur le mobilier urbain appartenant à la ville sans sa permission explicite préalable.


Ce qu’il ne dit pas c’est que la ville est bien heureuse de pouvoir compter sur la technologie 5G pour avancer avec son projet de ville intelligente. Rappelons que la bande passante de la 5G servira surtout aux signaux des caméras de surveillance et senseurs de toutes sortes - voir 5G Race Could Leave Personal Privacy in the Dust. Si M. Sari s’inquiétait de la protection de la vie privée, ce n’était pas sans raisons valables. La ville dissimule soigneusement les aspects éthiques tordus de la boite de Pandore qu'elle ouvre en offrant à rabais* aux télécoms d’utiliser ses lampadaires et poteaux de feux de circulation au centre-ville pour y installer leur matos — et n’oublions pas les 132 000 lampadaires de la ville, dont peut-être la moitié seront aussi équipés de ces mêmes antennes mortifères une fois la phase du projet-pilote terminée.


* Selon les ententes négociées avec Rogers, Bell, TELUS et Vidéotron, la ville obtient seulement 100$/année par antenne installée, alors que les fabriques paroissiales obtiennent facilement 1000 $ par année pour chaque antenne installée dans leurs clochers d’église - un total de 48 000$ pour la seule église Saint-Jean-Berchmans comme ont peut le lire dans Le salut des églises passe-t-il par le cellulaire?


François Croteau insiste ensuite sur l’importance de ne pas utiliser certains mots quand on parle de ces sujets pour ne pas « induire la population en erreur » afin de maintenir sa confiance et de ne pas l’inquiéter. Le contrôle du message pour mieux dissimuler ce que l’on cache est l’apanage de ceux qui ont développé l’art d’endormir le monde au gaz. Et, rappelle-t-il, la ville étant sans pouvoir face au fédéral n’a pas à consulter inutilement les gens puisque ça ne servira à rien de toute manière. C’est au gouvernement fédéral de procéder à des consultations, ce qu’il a fait lance-t-il. Il réfère aux rencontres de “consultation” du CRTC avec des invités corporatifs triés sur le volet qui sont le meilleur show de boucane au Canada, car jamais un groupe de citoyens n’a pu influer sur cet organisme dont les décisions sont à toutes fins pratiques sans appel — un mécanisme existe, mais il est si inaccessible et complexe qu’il n’a que rarement pu être utilisé. Il a l’audace de prétendre que la capacité d’un meilleur encadrement que les villes auraient si le fédéral leur donnait davantage de pouvoirs — comme Montréal l’a réclamé dans un mémoire au CRTC le 15 mai 2019 — permettrait le « respect des populations»… On se demande où il voit le respect des Montréalais dans le règlement qu’ils viennent d’imposer.


Enfin, il affirme que l’entente conclue avec les télécoms ouvre la porte pour que la santé publique puisse venir faire enquête « en toute liberté » pour garantir que la santé publique n’est pas menacée — pas pour vérifier si elle l’est, mais bien pour garantir qu’elle ne l’est pas! Quelle foutaise! La santé publique a déjà tous les pouvoirs nécessaires pour faire et imposer ce qu’elle veut à qui elle veut. L’expérience vécue par tous les Québécois durant la pandémie en cours n’est-elle pas suffisante pour le démontrer ?

Concernant la sécurité des données et le besoin de sobriété numérique pour limiter les impacts environnementaux avec la consommation gargantuesque d’énergie des réseaux cellulaires [la 5G consommera au moins 3 fois plus d’énergie que la 4G (voir Operators Starting to Face Up to 5G Power Cost - Pourquoi la 5G gonflera notre consommation d’énergie et Le gouffre énergétique du Web et comment réduire notre empreinte écologique sur Internet], il vante la Charte des données numériques que la ville a finalement adoptée le 13 octobre dernier. Le Canada est semble-t-il un des meilleurs au monde à cet égard [voir la Charte numérique du Canada en action] et étant un des pôles du numérique dans le monde, Montréal ne pouvait qu’emboiter le pas. Inutile de pavoiser tant. Selon un article du journal Le Devoir d’octobre 2019, elle avait été déposée au printemps 2019 et aurait dû être adoptée avant la fin de 2019. Elle est censée permettre d’assurer « une gouvernance transparente et démocratique des données et de rassurer la population sur la sécurité des données collectées », soulignait alors M. Croteau. On verra bien à l’usage si ce n’est pas encore un autre show de boucane uniquement destiné à nous «rassurer»…


Il conclut en clamant « nous avons donc été une administration responsable, qui a écouté sa population et qui a conclut des ententes de manière responsable pour justement nous assurer de protéger les Montréalais et de répondre à leurs besoins. »


À la lumière du décodage de ses propos que je viens de vous offrir, peut-on décemment croire en l’authenticité de ce qu’il affirme ? À vous d’en juger.


Il n’a en tout cas nullement besoin des conseils d’un expert en «bullshit» ainsi que le chroniqueur Richard Martineau décrivait avec délicatesse la profession de conseiller en communication jeudi dernier.


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